
J'écoute In Chains avec le vain espoir que si je ferme les yeux et que je me concentre suffisamment je parviendrais à ne rien oublier de ce que j'ai vécu à Bercy, mardi. C'est la première chanson que Depeche Mode à joué et dès cet instant il était facile de deviner que ce serait un concert inoubliable. Ne serait-ce que pour le son, d'une qualité parfaite, mais surtout pour la voix de Dave Gahan qui est un vrai délice. S'ajoutent à cela son énergie formidable, l'ampleur que prennent les chansons en live, l'ambiance incroyable et les visuels qui étaient très bien choisis.
Restent gravées dans ma mémoire: Wrong et sa force, Walking in my Shoes, Policy of Truth, It's No Good et les "don't say you want me, don't say you need me, don't say you love me... 'cause it's no good" avec Gore et Gahan sur l'écran, A Question of Time parce que j'en rêvais depuis des mois, Precious et le texte qui défilait sur l'écran, World in my Eyes et le déhanché de Dave Gahan...
La voix de Martin Gore était extrêmement poignante durant ses solos et notamment sur Home. Je crois que je me souviendrais longtemps de son sourire quand Bercy, entièrement debout, à continué à chanter et à applaudir quand la chanson s'est achevée. La setlist ne contenait finalement que peu de morceaux du dernier album mais j'ai néamoins eu Miles Away/The Truth Is dont je rêvais.
Il y a eu, naturellement, Enjoy the Silence, avec la salle qui chantait les refrains à la place de Gahan, et Never Let Me Down Again qui s'est achevée avec Gahan au bout de l'avancée de la scène, au coeur de la véritable marée humaine qu'était la fosse (entièrement comble). La salle dans sa totalité agitait les bras à son rythme: c'était vraiment impressionnant.
Enfin, il y a eu les rappels. Martin Gore est venu chanter une ultime fois avant de rendre le micro à Dave Gahan pour la superbe Stripped puis Behind the Wheel et le final avec Personal Jesus.
Quand les lumières se sont rallumées mon seul regret était de ne pas revenir le lendemain pour leur second concert à Paris.
Plus de photos.
(En full view, c'est mieux.)
(En full view, c'est mieux.)

J'avais oublié combien il est grisant de lire des mots qui nous parlent, qui touchent à l'essentiel et dans lesquels on reconnaît notre propre pensée. C'est ce qui me bouleverse autant dans l'autobiographie de Simone de Beauvoir et c'est également ainsi que j'explique mon vif intérêt pour la théorie de la contingence de Sartre. Le trop rapide aperçu que j'en ai eu en cours m'a néanmoins laissée bouche bée. C'était comme si je m'éveillais d'un long et frustrant sommeil. J'espère que mes études de Lettres seront toujours ainsi. Je crois en fait qu'elles seront de mieux en mieux, il me suffit de regarder le programme des deux prochaines années de licence pour en être convaincue.
Un mois, déjà, s'est écoulé depuis le concert de Placebo. C'est agaçant comme les souvenirs tendent à s'estomper et plus encore d'avoir sans cesse à les évoquer pour que leur image reste sans défaut. De Bercy 2006, il ne reste quasiment rien. Quelques fractions de secondes sur plus d'une heure de live. J'aimerais ne pas me dire la même chose concernant ce Zénith dans trois ans. J'aimerais me souvenir de chaque instant, chaque impression, chaque détail. Je sais également que cela est impossible et ça me pousse, paradoxalement, à m'échiner davantage à ne rien oublier. J'ai redécouvert les anciens albums et je ne parviens plus à me passer de Black Market Music. J'aime l'atmosphère qui s'en dégage.
Depuis dimanche j'ai cette image de Brian Molko souriant à Stefan Olsdal avant d'empoigner sa guitare et de commencer à jouer qui me hante. On pourrait presque résumer le concert comme cela: du bonheur et l'intensité qui est propre à Placebo depuis toujours.